Une fois en bien des années, le chevreuil, porte-musc des montagnes, est
hanté par un souffle de parfum musqué dans ses narines. Il ne sait pas d'où vient cette odeur mais elle est comme l'appel de la flûte de Krishna auquel nul ne résiste.
Alors le Mushiknana court de jungle en jungle à la poursuite du musc. Le pauvre animal renonce à la nourriture, à la boisson, au sommeil et à tout le reste. Comme un enfant cherche l'écho,
l'appelant ici tandis que l'écho répond de l'autre côté le cri qui lui répond, ainsi fait le chevreuil. Il ne sait pas d'oùvient l'appel du musc, mais
il est forcé de le poursuivre à travers ravins, forêts et collines, jusqu'à ce
qu'enfin, affamé, harassé, épuisé, il marche au hasard, glisse de la cime de quelque roche et tombe mortellement brisé, corps et âme. Son dernier acte avant de mourir
est d'avoir pitié de lui-même et de se lécher le poitrail... et tenez, tenez, voici que la poche à musc s'est développée dans son propre corps.
II halète profondément essayant de respirer le parfum, mais il est trop tard.
O mon fils bien-aimé, ne cherche pas au-dehors le parfum de Dieu pour périr dans la jungle de la vie, mais cherche ton âme, et vois, Il sera là. Ne manque pas de Le
chercher en toi, à quelque degré qu'insistent les sens pour te prouver qu'il est, comme l'écho décevant, hors de toi-même.