O Jésus ! tous les vents ont soufflé ton prodige ;
L'âme neuve jaillit aux splendeurs du chemin,
Et déjà cet ailleurs est plus beau que demain,
Avec de grands frissons troublants comme un vertige.
Dis ! quel est face à toi ce misérable humain
Que l'amour à lui seul couronne de prestige ?
Le voilà sans plus rien qui l'accable ou l'afflige,
Celui dont le coeur fort a vu ta juste main.
C'est chaque homme ! vous ! moi ! tout un peuple en délire !
Où le sourd peut entendre ! où l'aveugle peut lire
Dans la grâce inouïe et la fougue du ciel !
Oh ! nous n'avons plus peur ; la mort même est si douce :
Un baiser triomphant, le soir providentiel,
L'image de la croix qu'un soleil éclabousse.
Poème extrait de " La Blessure des Mots "
Thierry CABOT
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