La divine poésiede celui qui peut parler de Dieu puisqu'il l'a rencontré.
"Il existe en nous un bon et un mauvais silence. Le bon silence, c'est celui de l'écoute, celui de l'ouverture
de l'âme à l'art, à la lumière et à la nuit, à la parole initale dont toutes les autres ont pu sortir dans la durée d'une vie. Le roi David, dans un psaume, remercie Dieu de lui avoir
profondément "creusé l'oreille". Retrait en nous, caché derrière le voile des formes, des images, des événements fugitifs, s'abrite le lieu de toute confiance et de plénitude dans le repos
-parfois je l'appelle le lac de la rosée-, d'où jaillit, hors du silence, la possibilité de la perception des choses, et de la parole en même temps." Dans le silence de l'Aleph, p.9, Ed. Albin Michel, 1992
"Si mes poèmes, mes récits, mes témoignages vont servir à quelque chose, n'est-ce pas à nous frayer un sentier
vers le lieu de la confiance première ? Et puis à forer, par un rebondissement inouï, l'autre chemin, contraire mais parallèle ; un chemin qui serait le frère jumeau du premier. Celui de
l'ouverture au temps et à l'espace habités de ce monde, au sein duquel nous nous enfonçons comme un fleuve s'écoule vers l'océan, en y répandant au passage la semence de ses grandes eaux
qui étincellent dans le soir montant, et fécondent librement le ventre de la terre. Dans le silence de l'Aleph, p.13, Ed.
Albin Michel, 1992