Comme je marchais sur la plage
au soir de ma vie,
avant de m'enfoncer dans l'océan de Dieu,
je me suis retourné
et j'ai vu sur le sable l'empreinte de mes pas.
Chaque pas était un jour de ma vie
et ils étaient tous là,
aussi loin que pouvait remonter mon regard.
Je les ai tous comptés,
et je les ai tous reconnus,
les jours de joie et les jours d'angoisse,
les pas assurés et ceux qui trébuchaient.
Du plus loin que j'ai vu,
à côté de mes traces s'imprimait une trace jumelle
et qui m'accompagnait jusqu'à mes derniers pas.
C'était le pas de Dieu
qui marchait côte à côte
comme il l'avait promis tout au long de ma vie.
Comme un père qui accompagne son enfant,
il avait marché à mon pas.
Et comme je regardais ce long ruban de nos traces parallèles,
il me sembla voir qu'à certains endroits
il se rétrécissait
et que seule une empreinte se lisait sur le sable.
C'était l'empreinte de nos jours les plus noirs,
ces jours de larmes,
de souffrance,
et de deuil,
lorsqu'on se sent très seul et très abandonné.
Seigneur, ai-je crié,
où étais-tu lorsque j'ai tant pleuré ?
Pourquoi ne marchais-tu plus à mes côtés ?
Et le Seigneur m'a répondu
Mon enfant bien-aimé,
l'unique trace que tu vois est la mienne,
car à ce moment-là, moi,
je te portais dans mes bras.
Conte brésilien